Grosse nouvelle vendredi matin. Je ne m'en suis jamais caché, je n'aime pas Réjean Tremblay. Je trouve qu'il a une vision passéiste des choses, qu'il est d'une arrogance remarquable face à ceux qui ne partagent pas ses idées, et qu'il est plus souvent intéressé à parler de lui et à entrer dans le confort de vieux sujets qu'à soulever de véritables questions.
Ceci dit, je dois souligner que contrairement à plusieurs journalistes, Réjean Tremblay avait le courage d'avoir des convictions (le perronisme ici est voulu: je sais que d'habitude on parle de défendre ses convictions, mais la grande partie de la clique sportive québécoise n'est même pas capable d'en avoir alors il faut en parler). Un grand défenseur du français, ça mérite d'être souligné. Il a eu ses grands moments, alors rendons-lui hommage pour ça. Il a marqué à sa façon le journalisme sportif au Québec.
Plusieurs pensent qu'il s'en ira chez Québécor (où ses séries télé sont déjà diffusées). Advenant le retour d'une équipe à Québec, il pourra s'en donner à coeur joie à bûcher sur le CH.
Je perds un peu une tête de turc, mais honnêtement, ça va changer un peu l'air à la Presse. Pas une mauvaise chose du tout...
Aucun message portant le libellé Réjean Tremblay polémiste émérite. Afficher tous les messages
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2011-07-10
2010-11-25
Yéééé notre ami Réjean a sorti un nouveau classique!
Article du jour jumelé à un excellent article de Mathias Brunet sur la place des femmes dans les médias sportifs québécois, surtout au hockey. D'ailleurs c'est drôle de lire les deux articles (MB et RT) un après l'autre... on voit la différence de qualité.
Mon point de vue? Je veux des analystes intéressants et surtout, compétents. Qui ne vont pas répéter les mêmes platitudes que les autres, qui vont aller au-delà des questions faciles.
----
À l'époque, la présence de Marcelle Saint-Cyr et de Liza Hébert dans le vestiaire des joueurs au match des Étoiles disputé à Montréal avait fait sensation. C'était la grosse nouvelle de la semaine.
Liza allait rejoindre Robin Herman du New York Times dans le sanctuaire de la testostérone. C'était une victoire énorme pour LA femme.
>> Grosse victoire en effet, je suis d'accord
C'était en 1976 et, depuis, la situation ne s'est pas améliorée.
>> Au hockey, plutôt d'accord. Dans d'autres sports, moins d'accord. Mais pour le fun, qui étaient les journalistes de hockey en 76: Tremblay, Pedneault, Raymond... ils sont tous encore là maintenant (et curieusement, les trois ont le même profil: polémistes cheaps spécialistes du "dans mon temps")
Depuis, Liza Hébert est devenue dans la vraie vie Liza Frulla et, au passage dans la fiction, Linda Hébert. Mais Liza avait ouvert une grande porte.
>> Belle plogue de Lance et Compte, quoi, une semaine avant que le film sorte au cinéma?
Trente-cinq ans plus tard, il y a combien de femmes travaillant sérieusement aux matchs du Canadien? Rien dans les journaux (depuis le départ de Stéphanie Morin à la section Voyages), personne à la radio et le néant total à la télévision une fois qu'on a réussi à caser Chantal Machabée le samedi soir. Et pourtant, Dieu sait que Chantal est compétente. Une vraie de vraie qu'on a tassée pour faire encore plus de place à Joël Moi Moi Bouchard.
>> HAHAHA! C'est le comble! Réjean Tremblay qui traite quelqu'un de "moi moi moi". Comme on dit, "it takes a thief to catch a thief".
Je connais plusieurs confrères qui lèvent le nez sur les compétences de Marie-Claude Savard à TVA. Mais je sais que c'est une journaliste passionnée qui est confinée à du travail de chroniqueuse cute parce que TVA n'a pas encore de propriétés sportives dignes de ce nom. À Radio-Canada, soyons honnêtes, les femmes qui travaillent à la couverture du hockey et du Canadien se contentent de faire des «jobines». Y a personne là-dedans pour brasser un peu la cabane et y aller de reportages bien sentis.
>> Passionnée? Possiblement. Mais sa job, c'est chroniqueuse. Mettons que lui donner un Métrostar comme analyste sportif de l'année, c'est un peu exagéré. Pour les reportages bien sentis, honnêtement même chez les journalistes masculins il n'y en a pratiquement pas... pour brasser la cabane, je cherche l'utilité. Pas qu'il faut être toujours positif et faire la majorette... mais quand on veut juste trouver la tite bébitte, on devient un polémiste cheap. Combien de "journalistes" pleuraient quand le CH a signé Halpern? Combien se sont excusés pour dire que finalement, c'était pas une mauvaise signature du tout?
Encore là, Radio-Canada n'a pas de propriétés de hockey et ça limite évidemment la visibilité des journalistes.
***
Donc, on revient à CKAC et à RDS. Dans les deux cas, on se retrouve avec des clubs d'amis de la Flanelle et d'amis des amis de la Flanelle.
>> Faudrait bien parler du copinage des journalistes entre eux aussi. Ça pue la complaisance!
Les vrais journalistes sont rarissimes et ce sont des «joueurnalistes» qui sévissent sur les ondes. Comme on veut avant tout offrir aux fans et aux fefans des points de vue d'anciens ou d'amis des anciens joueurs, c'est évidemment difficile de trouver une femme qui a joué avec les amis.
>> 9 paragraphes avant de placer votre "fefan" habituel. Combien avant "Organisation" ? Mais c'est vrai que des joueurnalistes, il y en a beaucoup trop. Ça fait plus de deux ans que je le dis.
De toute façon, je présume que la majorité des 700 000 amateurs qui suivent des matchs du Canadien à RDS ne veulent pas qu'on leur donne de l'information. Ce qu'ils veulent, c'est qu'on leur serve des fans encore plus proches de l'organisation qu'ils ne peuvent l'être. C'est pour ça que Joël Bouchard donne des discours de minicoach en parlant de «on doit sortir fort, il faut que les gars se donnent, nos gars ne doivent pas lâcher». Aucune retenue, aucune pudeur, une partisanerie dégoulinante. C'est correct, c'est ce que le monde veut. Et vous le savez, vox populi, vox Dei.
>> Monsieur Tremblay, ça vous dirait de descendre de votre belle tour d'ivoire? J'écoute la plupart des parties du CH quand ça m'adonne. Pas nécessairement arrêté attentivement devant la télé, mais quand même. J'ai plusieurs amis qui font de même. Et savez-vous, je n'en reconnais pas un dans le moule que vous décrivez. Hier à l'entracte, Joel Bouchard a illusté un exemple de positionnement défensif. Avec mon coup de patin inexistant, je n'ai jamais joué au hockey... mais en voyant ce qu'il a illustré, j'ai tout de suite compris ce qu'il voulait dire. En une intervention de 10 secondes, j'ai appris plus qu'avec toutes vos polémiques cheaps des dernières années et vos résumés de sorties en moto avec Marcel Aubut.
Soit dit en passant, Joël Bouchard s'exprime bien et connaît ses systèmes de jeu. Mais parfois, il gagnerait à s'adresser à ses camarades plutôt que de toujours parler à la caméra. Les prédicateurs ont le don de taper sur les nerfs. L'autre jour, il a tourné le dos à Guy Carbonneau pour épiloguer sur une remarque de Carbo, ça faisait cheapo. Et quand il est avec Marc Denis, il ne donne pas toujours la chance à Denis de faire valoir son argument.
>> Coudonc, il vous a fait quoi Bouchard? Beau règlement de comptes! Ah, c'est vrai que sa montée en importance à RDS a tassé votre vieux chum Pednault, ce cher scab écrivant une chronique dans le Journal de Montréal...
Autrement dit, un Claude Mailhot, c'est assez.
Par contre, je comprends très bien RDS de se tourner vers des valeurs sûres. Les propriétaires de la station et du Canadien sont les mêmes. En embauchant des fans, on s'assure de ne pas avoir de problèmes avec les vrais patrons. Comme les gens semblent être satisfaits de ce qu'on leur donne, pourquoi se compliquer la vie? Pourquoi inviter France St-Louis ou une autre de ces fabuleuses joueuses qui connaissent tous les rouages du hockey mieux que certains coachs de la Ligue nationale? Les amis des amis font très bien l'affaire.
>> Les gens sont satisfaits? Sortez un peu monsieur Tremblay, tout le monde se plaint de la médiocrité de la clique journalistique (et vous en faites partie)! Si les cotes d'écoute sont bonnes, c'est simplement une question de monopole.
Honnêtement je ne connais pas France St-Louis assez pour juger de ses communiqués. J'ai par contre de douloureux souvenirs de l'expérience Sauvageau: une personne qui aimait son sport, qui avait de bonnes connaissances mais qui avait surtout une absence totale de talent de communicatrice. Aucun entrain, aucune chaleur... le pendant féminin de Jacques Martin. Un bon coach, mais pas quelqu'un à qui confier un segment télé.
***
Et quand on offre un job à une fille, il faut que ce soit une vulgaire platitude promotionnelle commandée de Bell à Bell en passant par Bell. C'est Anne-Marie Withenshaw qui va animer le Occupation double du Canadien.
>> J'avoue que ça va être une très belle infopub que je me ferai plaisir de ne pas écouter. Parce que contrairement à ce que vous pensez monsieur Tremblay, une très bonne partie des gens qui écoutent le hockey à RDS ont du jugement.
Je me demande comment, après avoir participé à cette grande émission promotionnelle, Mme Withenshaw va oser critiquer la télévision des autres à ARTV avec Marc Cassivi et... Liza Frulla.
La boucle est bouclée...
>> Venant d'un journaliste spécialisé dans l'autopromotion, c'est vraiment savoureux comme phrase.
Mon point de vue? Je veux des analystes intéressants et surtout, compétents. Qui ne vont pas répéter les mêmes platitudes que les autres, qui vont aller au-delà des questions faciles.
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À l'époque, la présence de Marcelle Saint-Cyr et de Liza Hébert dans le vestiaire des joueurs au match des Étoiles disputé à Montréal avait fait sensation. C'était la grosse nouvelle de la semaine.
Liza allait rejoindre Robin Herman du New York Times dans le sanctuaire de la testostérone. C'était une victoire énorme pour LA femme.
>> Grosse victoire en effet, je suis d'accord
C'était en 1976 et, depuis, la situation ne s'est pas améliorée.
>> Au hockey, plutôt d'accord. Dans d'autres sports, moins d'accord. Mais pour le fun, qui étaient les journalistes de hockey en 76: Tremblay, Pedneault, Raymond... ils sont tous encore là maintenant (et curieusement, les trois ont le même profil: polémistes cheaps spécialistes du "dans mon temps")
Depuis, Liza Hébert est devenue dans la vraie vie Liza Frulla et, au passage dans la fiction, Linda Hébert. Mais Liza avait ouvert une grande porte.
>> Belle plogue de Lance et Compte, quoi, une semaine avant que le film sorte au cinéma?
Trente-cinq ans plus tard, il y a combien de femmes travaillant sérieusement aux matchs du Canadien? Rien dans les journaux (depuis le départ de Stéphanie Morin à la section Voyages), personne à la radio et le néant total à la télévision une fois qu'on a réussi à caser Chantal Machabée le samedi soir. Et pourtant, Dieu sait que Chantal est compétente. Une vraie de vraie qu'on a tassée pour faire encore plus de place à Joël Moi Moi Bouchard.
>> HAHAHA! C'est le comble! Réjean Tremblay qui traite quelqu'un de "moi moi moi". Comme on dit, "it takes a thief to catch a thief".
Je connais plusieurs confrères qui lèvent le nez sur les compétences de Marie-Claude Savard à TVA. Mais je sais que c'est une journaliste passionnée qui est confinée à du travail de chroniqueuse cute parce que TVA n'a pas encore de propriétés sportives dignes de ce nom. À Radio-Canada, soyons honnêtes, les femmes qui travaillent à la couverture du hockey et du Canadien se contentent de faire des «jobines». Y a personne là-dedans pour brasser un peu la cabane et y aller de reportages bien sentis.
>> Passionnée? Possiblement. Mais sa job, c'est chroniqueuse. Mettons que lui donner un Métrostar comme analyste sportif de l'année, c'est un peu exagéré. Pour les reportages bien sentis, honnêtement même chez les journalistes masculins il n'y en a pratiquement pas... pour brasser la cabane, je cherche l'utilité. Pas qu'il faut être toujours positif et faire la majorette... mais quand on veut juste trouver la tite bébitte, on devient un polémiste cheap. Combien de "journalistes" pleuraient quand le CH a signé Halpern? Combien se sont excusés pour dire que finalement, c'était pas une mauvaise signature du tout?
Encore là, Radio-Canada n'a pas de propriétés de hockey et ça limite évidemment la visibilité des journalistes.
***
Donc, on revient à CKAC et à RDS. Dans les deux cas, on se retrouve avec des clubs d'amis de la Flanelle et d'amis des amis de la Flanelle.
>> Faudrait bien parler du copinage des journalistes entre eux aussi. Ça pue la complaisance!
Les vrais journalistes sont rarissimes et ce sont des «joueurnalistes» qui sévissent sur les ondes. Comme on veut avant tout offrir aux fans et aux fefans des points de vue d'anciens ou d'amis des anciens joueurs, c'est évidemment difficile de trouver une femme qui a joué avec les amis.
>> 9 paragraphes avant de placer votre "fefan" habituel. Combien avant "Organisation" ? Mais c'est vrai que des joueurnalistes, il y en a beaucoup trop. Ça fait plus de deux ans que je le dis.
De toute façon, je présume que la majorité des 700 000 amateurs qui suivent des matchs du Canadien à RDS ne veulent pas qu'on leur donne de l'information. Ce qu'ils veulent, c'est qu'on leur serve des fans encore plus proches de l'organisation qu'ils ne peuvent l'être. C'est pour ça que Joël Bouchard donne des discours de minicoach en parlant de «on doit sortir fort, il faut que les gars se donnent, nos gars ne doivent pas lâcher». Aucune retenue, aucune pudeur, une partisanerie dégoulinante. C'est correct, c'est ce que le monde veut. Et vous le savez, vox populi, vox Dei.
>> Monsieur Tremblay, ça vous dirait de descendre de votre belle tour d'ivoire? J'écoute la plupart des parties du CH quand ça m'adonne. Pas nécessairement arrêté attentivement devant la télé, mais quand même. J'ai plusieurs amis qui font de même. Et savez-vous, je n'en reconnais pas un dans le moule que vous décrivez. Hier à l'entracte, Joel Bouchard a illusté un exemple de positionnement défensif. Avec mon coup de patin inexistant, je n'ai jamais joué au hockey... mais en voyant ce qu'il a illustré, j'ai tout de suite compris ce qu'il voulait dire. En une intervention de 10 secondes, j'ai appris plus qu'avec toutes vos polémiques cheaps des dernières années et vos résumés de sorties en moto avec Marcel Aubut.
Soit dit en passant, Joël Bouchard s'exprime bien et connaît ses systèmes de jeu. Mais parfois, il gagnerait à s'adresser à ses camarades plutôt que de toujours parler à la caméra. Les prédicateurs ont le don de taper sur les nerfs. L'autre jour, il a tourné le dos à Guy Carbonneau pour épiloguer sur une remarque de Carbo, ça faisait cheapo. Et quand il est avec Marc Denis, il ne donne pas toujours la chance à Denis de faire valoir son argument.
>> Coudonc, il vous a fait quoi Bouchard? Beau règlement de comptes! Ah, c'est vrai que sa montée en importance à RDS a tassé votre vieux chum Pednault, ce cher scab écrivant une chronique dans le Journal de Montréal...
Autrement dit, un Claude Mailhot, c'est assez.
Par contre, je comprends très bien RDS de se tourner vers des valeurs sûres. Les propriétaires de la station et du Canadien sont les mêmes. En embauchant des fans, on s'assure de ne pas avoir de problèmes avec les vrais patrons. Comme les gens semblent être satisfaits de ce qu'on leur donne, pourquoi se compliquer la vie? Pourquoi inviter France St-Louis ou une autre de ces fabuleuses joueuses qui connaissent tous les rouages du hockey mieux que certains coachs de la Ligue nationale? Les amis des amis font très bien l'affaire.
>> Les gens sont satisfaits? Sortez un peu monsieur Tremblay, tout le monde se plaint de la médiocrité de la clique journalistique (et vous en faites partie)! Si les cotes d'écoute sont bonnes, c'est simplement une question de monopole.
Honnêtement je ne connais pas France St-Louis assez pour juger de ses communiqués. J'ai par contre de douloureux souvenirs de l'expérience Sauvageau: une personne qui aimait son sport, qui avait de bonnes connaissances mais qui avait surtout une absence totale de talent de communicatrice. Aucun entrain, aucune chaleur... le pendant féminin de Jacques Martin. Un bon coach, mais pas quelqu'un à qui confier un segment télé.
***
Et quand on offre un job à une fille, il faut que ce soit une vulgaire platitude promotionnelle commandée de Bell à Bell en passant par Bell. C'est Anne-Marie Withenshaw qui va animer le Occupation double du Canadien.
>> J'avoue que ça va être une très belle infopub que je me ferai plaisir de ne pas écouter. Parce que contrairement à ce que vous pensez monsieur Tremblay, une très bonne partie des gens qui écoutent le hockey à RDS ont du jugement.
Je me demande comment, après avoir participé à cette grande émission promotionnelle, Mme Withenshaw va oser critiquer la télévision des autres à ARTV avec Marc Cassivi et... Liza Frulla.
La boucle est bouclée...
>> Venant d'un journaliste spécialisé dans l'autopromotion, c'est vraiment savoureux comme phrase.
2009-12-16
Réponse à Réjean
Ça traînait dans mes fonds de tiroir... j'avais écrit pour le fun une réponse à un article de Réjean... ça doit dater de la mi-novembre, mais c'est drôle quand même. Ce qui commence par >> vient de moi, le reste de lui.
==
Je ne suis pas un fan. Je couvre le Canadien et les sports depuis février 1975. J'ai eu beaucoup de plaisir à faire ce travail. J'ai côtoyé de grands athlètes, j'ai vécu des moments fabuleux, mais je ne suis pas un fan.
>> En 75, je n'étais pas encore né, mais bon. Je suis d'abord et avant tout un fan de hockey. J'aime le CH bien sûr puisque c'est mon équipe locale, mais j'aime le sport en général. Bref, je peux écouter un match Edmonton-Calgary et je vais avoir du plaisir. Bref, je ne me limite pas au CH (et vous monsieur Tremblay, c'est quand la dernière fois que vous avez parlé d'une autre équipe autrement que pour servir un de vos arguments par rapport au CH?). En fait pour être honnête, le seul match que j'ai suivi d'un bout à l'autre cette année, c'est celui que je suis allé voir dans les hauteurs du Centre Bell. J'y vais une fois par année, cette année c'était en octobre. Pour les autres parties, eh bien parfois la télé était ouverte mais je faisais aute chose en même temps.
Il m'est arrivé de tisser des liens personnels avec certains athlètes ou dirigeants du sport, mais ça ne faisait pas de moi un fan. J'aime Guy Lafleur parce que c'est un individu droit et passionné. J'aime Patrice Brisebois parce que j'ai été témoin de ses efforts pour rendre à l'équipe qu'il aimait tant ce qu'il était capable de lui donner. Il était sincère. Même dans ses faiblesses. Mais je n'étais pas un fan. Je n'avais pas de peine quand ils perdaient un match.
>> Fair enough comme le disent les chinois. Là-dessus, on se rejoint. Quand même pas pire non?
Je regarde aller le Canadien depuis plusieurs années et je me désole pour les fans. J'estime que les partisans qui ont vécu les belles années de l'organisation mériteraient qu'on les respecte et qu'on fasse le nécessaire pour leur offrir une vraie bonne équipe.
>> Woups, là ça devient glissant. Parce que faire le nécessaire, c'est mauditement vague et très subjectif. Ce qui est un critère pour un ne l'est pas pour l'autre. À moins bien sûr que vous soyiez le détenteur de la vérité suprême et que vos critères de "ce qui est nécessaire" soient les bons.
Et je pense que les plus jeunes, qui aiment tellement «leurs» Glorieux et qui sont toujours prêts à croire la propagande de l'organisation, mériteraient encore plus qu'on prenne les bonnes décisions et qu'on leur donne l'occasion de fêter et de célébrer comme on l'a fait à Pittsburgh, à Detroit, au New Jersey, à Tampa Bay et ailleurs.
>> C'est vrai que ça fête fort à Tampa. Ils ont été chercher une Coupe quasiment plus par chance que d'autre chose, et depuis, l'équipe est en déroute totale. Au NJ, les gradins sont à moitié vide, ça fête? Et à Pittsburgh quand ça faisait cinq ans qu'ils étaient dans la cave et que l'équipe menaçait de déménager, ils célébraient les fans? Tout le monde est un fan des Penguins ces temps-ci, mais la clé de leur succès, c'est finir en dernière position et avoir des choix au repêchage "no-brainer" comme Malkin, Crosby, Fleury...
Je me dis que cette fidélité et tous ces dollars que des jeunes investissent dans leur passion devraient être récompensés. On pourrait au moins embaucher des gens qui les aiment, qui les respectent et qui ont l'intelligence et la personnalité de leur donner une équipe. Une vraie équipe.
>> Je suis québécois de souche comme le dit la chanson, je suis un fan de hockey ordinaire, et je n'ai jamais senti que le CH ne me respectait pas. Pour ce qui est du "une vraie équipe", j'aimerais vraiment vous voir élaborer là-dessus, parce qu'au fond c'est ça la vraie affaire. Pas un seul journaliste ne semble approcher ce sujet. Le seul qui en parle, c'est Foglia quand il parle de hockey. Mathias Brunet à peine aussi.
Je ne suis pas un fan et je suis payé pour regarder les matchs du Canadien. Et bien honnêtement, les soirs de congé, je préfère faire autre chose que de m'écraser devant un écran de télé pour voir des gars jouer tout croche. Je le répète, couvrir le Canadien est un travail que je fais du mieux que je le peux. Mais ça reste un travail comme la couverture de l'hôtel de ville demeure un travail pour les chroniqueurs municipaux. Ils ne vont pas passer leurs soirées de congé dans la salle du conseil.
Avec les Glorieux, s'ils gagnent, je suis content pour la ville, pour les fans et pour les commerçants qui font de bonnes affaires. Et je suis content pour les joueurs que j'apprends à apprécier en discutant avec eux à l'occasion. S'ils perdent, je vérifie ce que ça change dans mon agenda pour les prochains jours et c'est tout.
>> Encore là, fair enough. Je serais curieux de voir les chiffres de l'impact d'une défaite pour les commerçants. Est-ce que ça a un réel impact? Ce n'est pas une question de mauvaise foi, c'est vraiment de la curiosité.
Quand j'écris que les années de Bob Gainey à la direction générale du Canadien tournent au désastre, je ne le dis pas parce que j'aime Bob ou parce que je le déteste. Ça n'a rien à voir. Bob Gainey, je l'aime beaucoup. Mais quand je réfléchis à sa façon de diriger le Canadien, quand je vois les résultats épouvantables de ses décisions et les conséquences de ses négociations personnelles avec ses homologues et ses employés, j'en conclus que le Canadien s'en va directement vers une période encore plus moche que celle qu'on vient de connaître au cours des dix dernières années .
>> Parlons en des dix dernières années. Dans la LNH, à l'exception de jeunes prodiges tels Crosby ou Ovechkin, le coeur d'une équipe, c'est le groupe de joueurs qui ont autour de 30 ans... ce sont eux qui sont à leur plein potentiel, qui ont l'expérience. Bref, ce sont les joueurs qui ont été repêchés vers la fin des années 90 (soit à l'époque de Réjean Houle, fier québécois). Soyons honnête, le repêchage a cette époque a été épouvantable. Gainey a ses torts, certes, mais quand il est arrivé ici, il avait une équipe nettement inférieure à celle que nous avons ce moment. C'est clair qu'en ce moment ça ne va pas très bien, mais au moins nos meilleurs espoirs ne sont pas Andrei Bashkirov et Johan Witehall.
J'ai longuement commenté l'incapacité chronique de Gainey de dénicher un joueur capable d'aider l'équipe aux échéances de mars. Même pas capable de profiter des enchères pour obtenir une valeur intéressante pour les joueurs qu'il perd pour des pinottes.
>> Effectivement il n'a pas frappé de grand coup à la date limite des échanges. Mais honnêtement, il n'y a pas tant d'autres DG que ça qui en fond. Vous parliez de Détroit, Pittsburgh, Tampa, New Jersey... quels gros coups ont-ils fait à la date limite?
Les transactions sont suicidaires. Pensez à Mike Ribeiro. Pensez à Michail Grabovski. Faudrait que le deuxième choix de 2010 soit miraculeux pour éviter une autre arnaque. De plus, Guy Carbonneau a été sacrifié le printemps dernier dans un moment soigneusement choisi par celui qui le remplaçait. Une série de matchs à domicile contre des équipes faibles. Gainey comme coach a été pitoyable et le Canadien s'est retrouvé dans les séries par la petite porte d'en arrière.
>> Parlez en à Josef Balej. Parlez-en à Craig Rivet. Oui, Gainey s'est planté parfois. Mais par honnêteté intellectuelle, vous devriez aussi mentionner ses bons coups. Même le très conspué Garth Murray a eu une plus longue carrière dans la LNH que Marcel Hossa contre qui il a été échangé! Et ça ne s'écrit pas Michail.
Les problèmes du Canadien sont largement recensés par mes confrères depuis plusieurs semaines. Certains choix au repêchage ont été fort mauvais. Mais surtout, le développement de ces jeunes semble avoir été très quelconque. Soit le repêchage de Trevor Timmins est déficient, soit le développement des jeunes sous la direction de Gainey est faible : dans les deux cas, le responsable est au septième étage du Centre Bell.
>> Et pourtant, ces espoirs ont gagné la Coupe avec Hamilton il y a quoi, deux ou trois ans? Mais c'est vrai qu'ils semblent avoir plafonné, j'espère que Guy Boucher saura remédier à la situation.
Je ne demande pas la tête de Bob Gainey, ce n'est pas de mon ressort. Mais j'estime que les fans et les passionnés du Canadien ont droit à ce que le président de l'organisation, Pierre Boivin, respecte sa parole de mars dernier. Il n'était plus question, assurait-il, que son directeur général jouisse d'une carte blanche.
Non seulement il fait encore à sa tête, mais il a trouvé le moyen de perdre 11 joueurs pendant l'été.
>> Je vois peu de grosses pertes. Dandenault est dans la LAH, Brisebois et Denis à la retraite, Bouillon s'est trouvé un poste à Nashville à la fin du camp. Kostopoulos était sympathique mais est-ce une perte dramatique? Lang j'aurais aimé le revoir, il n'aurait pas coûté cher et il faisait le travail. Schneider était une béquille temporaire et n'avait pas besoin de revenir, Komisarek est surpayé pour sa valeur à Toronto, Tanguay est ordinaire à Tampa (il a même été rayé de l'alignement avant-hier)... Koivu à Anaheim, c'est très moyen aussi. Et Kovalev à Ottawa est parti pour faire moins de 50 points. 11 départs oui, mais à mon avis, peu de grosses pertes.
Autre point. Depuis que Gainey a pris le contrôle total et absolu de l'organisation, les joueurs québécois et canadiens de langue française ont été pratiquement éradiqués. Je trouve que c'est inadmissible. Ça n'a rien à voir avec un nationalisme outrancier ou borné, c'est tout juste une affaire de gros bon sens.
>> Au moins cette fois vous ne parlez plus des entraîneurs francophones. À mon avis, le déclin francophone chez le CH suit pas mal au prorata le déclin francophone de la ligue.
Le Canadien joue à Montréal, la plus grande ville francophone en Amérique. La Presse et les stations de radio et de télévision, qui consacrent beaucoup de moyens à la couverture de l'équipe, servent un marché francophone. Plus de 80% des Québécois parlent français. Et plus de 60% seulement le français.
>> D'où vient ce 60%?
Malgré la mondialisation et malgré l'internet, il reste une réalité écrasante. Notre clientèle, les Québécois, préfère suivre les activités de ses grandes vedettes dans ses médias. La Formule 1 est beaucoup plus populaire quand un Jacques Villeneuve y brille. Même chose pour le NASCAR ou l'Indy. Quand d'autres présidents d'entreprises se sont envolés dans l'espace, on ne les a pas suivis comme on l'a fait avec Guy Laliberté. Et Madonna a ses fans, mais la fille de Charlemagne, c'est quand même Céline Dion.
Et c'est normal, c'est juste sain. Les Espagnols capotent sur Alonzo et Nadal, les Allemands sur Schumacher. Et ces médias nationaux couvrent leurs sports avec un point de vue national. Comme on le fait au Québec.
>> Ok à date vous enfoncez une porte ouverte... et en passant, ça ne s'écrit pas Alonzo.
Cependant, ça va encore plus loin avec le Canadien. Le Québec est une exception dans les deux Amériques. C'est une société francophone qui s'est donné un statut de nation. Ce que les années ont montré, semble-t-il, c'est que l'énergie de cette société semblait se transmettre à ses héros quand arrivait le temps des grandes batailles. On peut parler de Maurice Richard, de Guy Lafleur, de Guy Carbonneau, de Patrick Roy, de Vincent Damphousse, de tous ces grands athlètes qui étaient connectés avec les fans, avec leurs proches et avec leur milieu. Cette spécificité n'existe nulle part ailleurs en Amérique. Pourquoi ne pas continuer à s'en servir? Dans un univers ou la concurrence est féroce comme c'est le cas dans la Ligue nationale, peut-être que ce lien étroit a pu faire une petite différence dans le passé. Mais dans le cours d'une longue saison, dans l'émotion d'une série éliminatoire, toute petite différence devient importante. Je ne dis pas que c'est parole d'évangile, je dis que ça vaudrait au moins la peine d'y réfléchir.
>> Nulle part ailleurs en Amérique? Voyons donc! Demandez à un joueur de soccer du Brésil s'il ne se donne pas un peu plus quand il est chez lui! Demandez à joueur de Mississauga s'il n'est pas une coche de motivation de plus quand il joue pour les Leafs! Même chose pour Calgary, Edmonton... Mais dites-moi monsieur Tremblay, qui sont les joueurs francophones de qualité qui étaient disponibles récemment? Pas des joueurs de troisième trio là... des joueurs d'impact! Et quand ils étaint disponibles, prenez-vous les autres DG de la ligue pour des épais? Pensez-vous qu'ils n'attendent pas Gainey avec des offres majorées parce qu'ils savent l'importance d'un joueur "local"?
Et de plus, le Canadien tire ses revenus de cette même société. Il n'est que normal qu'il puisse contribuer au succès de ses membres qui le méritent. C'est très bien ce qui arrive cette année avec Guy Boucher à Hamilton. Tout le monde est gagnant.
>> Et si dans trois ans les espoirs du CH plafonnent, vous allez en dire quoi de Boucher. Personnellement je pense qu'il est très bon, mais on est jamais aussi bon que notre dernière performance.
Mais cela dit, je le répète, c'est le point de vue de quelqu'un qui est payé pour couvrir le Canadien. Que le Canadien gagne ou perde, c'est La Presse qui compte vraiment. Mais tant qu'à perdre avec le melting pot actuel, aussi bien se rendre utile en contribuant au développement du hockey québécois. Tout d'un coup que ça serait un des éléments de la recette pour redevenir une équipe gagnante.
>> Une plus grande contribution locale serait intéressante, mais encore faut-il que le calibre de jeu local soit bon. Et la LHJMQ me semble être dans un déclin inquiétant.
Si Bob Gainey reste en poste encore plusieurs années, c'est parfait en ce qui me concerne, ça ne changera rien à mon quotidien. Si le Canadien purge l'équipe de tous ses Québécois, je trouve ça insensé et dommage pour les fans, mais je vais écouter Mozart et Chostakovitch quand même. Et Elvis dans le char.
>> Vous n'encouragez pas le développement musical québécois? Dommage. Qui parlait d'idées nouvelles déjà?
Mais je suis payé pour le dire et l'écrire et c'est ce que le bon sens me dit. Si Pierre Boivin et les frères Molson continuent à se fermer les yeux sur la tangente prise par leur équipe sous la direction de Bob Gainey, c'est le fan connaisseur et si amoureux qui va être pénalisé. C'est vous, les vrais passionnés. Gainey va garder tous les pouvoirs et le club va rester médiocre.
>>En ce moment, le club est très ordinaire. Mais ça peut changer très vite dans la LNH. Pas plus tard qu'à la mi-janvier (ce n'est pas si loin, c'est quoi, une demi-saison?) l'équipe était parmi les meilleures de la LNH et les Penguins ne faisaient même pas les séries. On peut attendre quelques mois encore avant de porter un jugement définitif?
Eux autres vont quand même remplir leurs coffres avec le cash du monde.
>> Ça s'appelle le capitalisme. Et ça vous permet de rouler en Harley en Floride, ça ne doit pas être si mal.
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Je ne suis pas un fan. Je couvre le Canadien et les sports depuis février 1975. J'ai eu beaucoup de plaisir à faire ce travail. J'ai côtoyé de grands athlètes, j'ai vécu des moments fabuleux, mais je ne suis pas un fan.
>> En 75, je n'étais pas encore né, mais bon. Je suis d'abord et avant tout un fan de hockey. J'aime le CH bien sûr puisque c'est mon équipe locale, mais j'aime le sport en général. Bref, je peux écouter un match Edmonton-Calgary et je vais avoir du plaisir. Bref, je ne me limite pas au CH (et vous monsieur Tremblay, c'est quand la dernière fois que vous avez parlé d'une autre équipe autrement que pour servir un de vos arguments par rapport au CH?). En fait pour être honnête, le seul match que j'ai suivi d'un bout à l'autre cette année, c'est celui que je suis allé voir dans les hauteurs du Centre Bell. J'y vais une fois par année, cette année c'était en octobre. Pour les autres parties, eh bien parfois la télé était ouverte mais je faisais aute chose en même temps.
Il m'est arrivé de tisser des liens personnels avec certains athlètes ou dirigeants du sport, mais ça ne faisait pas de moi un fan. J'aime Guy Lafleur parce que c'est un individu droit et passionné. J'aime Patrice Brisebois parce que j'ai été témoin de ses efforts pour rendre à l'équipe qu'il aimait tant ce qu'il était capable de lui donner. Il était sincère. Même dans ses faiblesses. Mais je n'étais pas un fan. Je n'avais pas de peine quand ils perdaient un match.
>> Fair enough comme le disent les chinois. Là-dessus, on se rejoint. Quand même pas pire non?
Je regarde aller le Canadien depuis plusieurs années et je me désole pour les fans. J'estime que les partisans qui ont vécu les belles années de l'organisation mériteraient qu'on les respecte et qu'on fasse le nécessaire pour leur offrir une vraie bonne équipe.
>> Woups, là ça devient glissant. Parce que faire le nécessaire, c'est mauditement vague et très subjectif. Ce qui est un critère pour un ne l'est pas pour l'autre. À moins bien sûr que vous soyiez le détenteur de la vérité suprême et que vos critères de "ce qui est nécessaire" soient les bons.
Et je pense que les plus jeunes, qui aiment tellement «leurs» Glorieux et qui sont toujours prêts à croire la propagande de l'organisation, mériteraient encore plus qu'on prenne les bonnes décisions et qu'on leur donne l'occasion de fêter et de célébrer comme on l'a fait à Pittsburgh, à Detroit, au New Jersey, à Tampa Bay et ailleurs.
>> C'est vrai que ça fête fort à Tampa. Ils ont été chercher une Coupe quasiment plus par chance que d'autre chose, et depuis, l'équipe est en déroute totale. Au NJ, les gradins sont à moitié vide, ça fête? Et à Pittsburgh quand ça faisait cinq ans qu'ils étaient dans la cave et que l'équipe menaçait de déménager, ils célébraient les fans? Tout le monde est un fan des Penguins ces temps-ci, mais la clé de leur succès, c'est finir en dernière position et avoir des choix au repêchage "no-brainer" comme Malkin, Crosby, Fleury...
Je me dis que cette fidélité et tous ces dollars que des jeunes investissent dans leur passion devraient être récompensés. On pourrait au moins embaucher des gens qui les aiment, qui les respectent et qui ont l'intelligence et la personnalité de leur donner une équipe. Une vraie équipe.
>> Je suis québécois de souche comme le dit la chanson, je suis un fan de hockey ordinaire, et je n'ai jamais senti que le CH ne me respectait pas. Pour ce qui est du "une vraie équipe", j'aimerais vraiment vous voir élaborer là-dessus, parce qu'au fond c'est ça la vraie affaire. Pas un seul journaliste ne semble approcher ce sujet. Le seul qui en parle, c'est Foglia quand il parle de hockey. Mathias Brunet à peine aussi.
Je ne suis pas un fan et je suis payé pour regarder les matchs du Canadien. Et bien honnêtement, les soirs de congé, je préfère faire autre chose que de m'écraser devant un écran de télé pour voir des gars jouer tout croche. Je le répète, couvrir le Canadien est un travail que je fais du mieux que je le peux. Mais ça reste un travail comme la couverture de l'hôtel de ville demeure un travail pour les chroniqueurs municipaux. Ils ne vont pas passer leurs soirées de congé dans la salle du conseil.
Avec les Glorieux, s'ils gagnent, je suis content pour la ville, pour les fans et pour les commerçants qui font de bonnes affaires. Et je suis content pour les joueurs que j'apprends à apprécier en discutant avec eux à l'occasion. S'ils perdent, je vérifie ce que ça change dans mon agenda pour les prochains jours et c'est tout.
>> Encore là, fair enough. Je serais curieux de voir les chiffres de l'impact d'une défaite pour les commerçants. Est-ce que ça a un réel impact? Ce n'est pas une question de mauvaise foi, c'est vraiment de la curiosité.
Quand j'écris que les années de Bob Gainey à la direction générale du Canadien tournent au désastre, je ne le dis pas parce que j'aime Bob ou parce que je le déteste. Ça n'a rien à voir. Bob Gainey, je l'aime beaucoup. Mais quand je réfléchis à sa façon de diriger le Canadien, quand je vois les résultats épouvantables de ses décisions et les conséquences de ses négociations personnelles avec ses homologues et ses employés, j'en conclus que le Canadien s'en va directement vers une période encore plus moche que celle qu'on vient de connaître au cours des dix dernières années .
>> Parlons en des dix dernières années. Dans la LNH, à l'exception de jeunes prodiges tels Crosby ou Ovechkin, le coeur d'une équipe, c'est le groupe de joueurs qui ont autour de 30 ans... ce sont eux qui sont à leur plein potentiel, qui ont l'expérience. Bref, ce sont les joueurs qui ont été repêchés vers la fin des années 90 (soit à l'époque de Réjean Houle, fier québécois). Soyons honnête, le repêchage a cette époque a été épouvantable. Gainey a ses torts, certes, mais quand il est arrivé ici, il avait une équipe nettement inférieure à celle que nous avons ce moment. C'est clair qu'en ce moment ça ne va pas très bien, mais au moins nos meilleurs espoirs ne sont pas Andrei Bashkirov et Johan Witehall.
J'ai longuement commenté l'incapacité chronique de Gainey de dénicher un joueur capable d'aider l'équipe aux échéances de mars. Même pas capable de profiter des enchères pour obtenir une valeur intéressante pour les joueurs qu'il perd pour des pinottes.
>> Effectivement il n'a pas frappé de grand coup à la date limite des échanges. Mais honnêtement, il n'y a pas tant d'autres DG que ça qui en fond. Vous parliez de Détroit, Pittsburgh, Tampa, New Jersey... quels gros coups ont-ils fait à la date limite?
Les transactions sont suicidaires. Pensez à Mike Ribeiro. Pensez à Michail Grabovski. Faudrait que le deuxième choix de 2010 soit miraculeux pour éviter une autre arnaque. De plus, Guy Carbonneau a été sacrifié le printemps dernier dans un moment soigneusement choisi par celui qui le remplaçait. Une série de matchs à domicile contre des équipes faibles. Gainey comme coach a été pitoyable et le Canadien s'est retrouvé dans les séries par la petite porte d'en arrière.
>> Parlez en à Josef Balej. Parlez-en à Craig Rivet. Oui, Gainey s'est planté parfois. Mais par honnêteté intellectuelle, vous devriez aussi mentionner ses bons coups. Même le très conspué Garth Murray a eu une plus longue carrière dans la LNH que Marcel Hossa contre qui il a été échangé! Et ça ne s'écrit pas Michail.
Les problèmes du Canadien sont largement recensés par mes confrères depuis plusieurs semaines. Certains choix au repêchage ont été fort mauvais. Mais surtout, le développement de ces jeunes semble avoir été très quelconque. Soit le repêchage de Trevor Timmins est déficient, soit le développement des jeunes sous la direction de Gainey est faible : dans les deux cas, le responsable est au septième étage du Centre Bell.
>> Et pourtant, ces espoirs ont gagné la Coupe avec Hamilton il y a quoi, deux ou trois ans? Mais c'est vrai qu'ils semblent avoir plafonné, j'espère que Guy Boucher saura remédier à la situation.
Je ne demande pas la tête de Bob Gainey, ce n'est pas de mon ressort. Mais j'estime que les fans et les passionnés du Canadien ont droit à ce que le président de l'organisation, Pierre Boivin, respecte sa parole de mars dernier. Il n'était plus question, assurait-il, que son directeur général jouisse d'une carte blanche.
Non seulement il fait encore à sa tête, mais il a trouvé le moyen de perdre 11 joueurs pendant l'été.
>> Je vois peu de grosses pertes. Dandenault est dans la LAH, Brisebois et Denis à la retraite, Bouillon s'est trouvé un poste à Nashville à la fin du camp. Kostopoulos était sympathique mais est-ce une perte dramatique? Lang j'aurais aimé le revoir, il n'aurait pas coûté cher et il faisait le travail. Schneider était une béquille temporaire et n'avait pas besoin de revenir, Komisarek est surpayé pour sa valeur à Toronto, Tanguay est ordinaire à Tampa (il a même été rayé de l'alignement avant-hier)... Koivu à Anaheim, c'est très moyen aussi. Et Kovalev à Ottawa est parti pour faire moins de 50 points. 11 départs oui, mais à mon avis, peu de grosses pertes.
Autre point. Depuis que Gainey a pris le contrôle total et absolu de l'organisation, les joueurs québécois et canadiens de langue française ont été pratiquement éradiqués. Je trouve que c'est inadmissible. Ça n'a rien à voir avec un nationalisme outrancier ou borné, c'est tout juste une affaire de gros bon sens.
>> Au moins cette fois vous ne parlez plus des entraîneurs francophones. À mon avis, le déclin francophone chez le CH suit pas mal au prorata le déclin francophone de la ligue.
Le Canadien joue à Montréal, la plus grande ville francophone en Amérique. La Presse et les stations de radio et de télévision, qui consacrent beaucoup de moyens à la couverture de l'équipe, servent un marché francophone. Plus de 80% des Québécois parlent français. Et plus de 60% seulement le français.
>> D'où vient ce 60%?
Malgré la mondialisation et malgré l'internet, il reste une réalité écrasante. Notre clientèle, les Québécois, préfère suivre les activités de ses grandes vedettes dans ses médias. La Formule 1 est beaucoup plus populaire quand un Jacques Villeneuve y brille. Même chose pour le NASCAR ou l'Indy. Quand d'autres présidents d'entreprises se sont envolés dans l'espace, on ne les a pas suivis comme on l'a fait avec Guy Laliberté. Et Madonna a ses fans, mais la fille de Charlemagne, c'est quand même Céline Dion.
Et c'est normal, c'est juste sain. Les Espagnols capotent sur Alonzo et Nadal, les Allemands sur Schumacher. Et ces médias nationaux couvrent leurs sports avec un point de vue national. Comme on le fait au Québec.
>> Ok à date vous enfoncez une porte ouverte... et en passant, ça ne s'écrit pas Alonzo.
Cependant, ça va encore plus loin avec le Canadien. Le Québec est une exception dans les deux Amériques. C'est une société francophone qui s'est donné un statut de nation. Ce que les années ont montré, semble-t-il, c'est que l'énergie de cette société semblait se transmettre à ses héros quand arrivait le temps des grandes batailles. On peut parler de Maurice Richard, de Guy Lafleur, de Guy Carbonneau, de Patrick Roy, de Vincent Damphousse, de tous ces grands athlètes qui étaient connectés avec les fans, avec leurs proches et avec leur milieu. Cette spécificité n'existe nulle part ailleurs en Amérique. Pourquoi ne pas continuer à s'en servir? Dans un univers ou la concurrence est féroce comme c'est le cas dans la Ligue nationale, peut-être que ce lien étroit a pu faire une petite différence dans le passé. Mais dans le cours d'une longue saison, dans l'émotion d'une série éliminatoire, toute petite différence devient importante. Je ne dis pas que c'est parole d'évangile, je dis que ça vaudrait au moins la peine d'y réfléchir.
>> Nulle part ailleurs en Amérique? Voyons donc! Demandez à un joueur de soccer du Brésil s'il ne se donne pas un peu plus quand il est chez lui! Demandez à joueur de Mississauga s'il n'est pas une coche de motivation de plus quand il joue pour les Leafs! Même chose pour Calgary, Edmonton... Mais dites-moi monsieur Tremblay, qui sont les joueurs francophones de qualité qui étaient disponibles récemment? Pas des joueurs de troisième trio là... des joueurs d'impact! Et quand ils étaint disponibles, prenez-vous les autres DG de la ligue pour des épais? Pensez-vous qu'ils n'attendent pas Gainey avec des offres majorées parce qu'ils savent l'importance d'un joueur "local"?
Et de plus, le Canadien tire ses revenus de cette même société. Il n'est que normal qu'il puisse contribuer au succès de ses membres qui le méritent. C'est très bien ce qui arrive cette année avec Guy Boucher à Hamilton. Tout le monde est gagnant.
>> Et si dans trois ans les espoirs du CH plafonnent, vous allez en dire quoi de Boucher. Personnellement je pense qu'il est très bon, mais on est jamais aussi bon que notre dernière performance.
Mais cela dit, je le répète, c'est le point de vue de quelqu'un qui est payé pour couvrir le Canadien. Que le Canadien gagne ou perde, c'est La Presse qui compte vraiment. Mais tant qu'à perdre avec le melting pot actuel, aussi bien se rendre utile en contribuant au développement du hockey québécois. Tout d'un coup que ça serait un des éléments de la recette pour redevenir une équipe gagnante.
>> Une plus grande contribution locale serait intéressante, mais encore faut-il que le calibre de jeu local soit bon. Et la LHJMQ me semble être dans un déclin inquiétant.
Si Bob Gainey reste en poste encore plusieurs années, c'est parfait en ce qui me concerne, ça ne changera rien à mon quotidien. Si le Canadien purge l'équipe de tous ses Québécois, je trouve ça insensé et dommage pour les fans, mais je vais écouter Mozart et Chostakovitch quand même. Et Elvis dans le char.
>> Vous n'encouragez pas le développement musical québécois? Dommage. Qui parlait d'idées nouvelles déjà?
Mais je suis payé pour le dire et l'écrire et c'est ce que le bon sens me dit. Si Pierre Boivin et les frères Molson continuent à se fermer les yeux sur la tangente prise par leur équipe sous la direction de Bob Gainey, c'est le fan connaisseur et si amoureux qui va être pénalisé. C'est vous, les vrais passionnés. Gainey va garder tous les pouvoirs et le club va rester médiocre.
>>En ce moment, le club est très ordinaire. Mais ça peut changer très vite dans la LNH. Pas plus tard qu'à la mi-janvier (ce n'est pas si loin, c'est quoi, une demi-saison?) l'équipe était parmi les meilleures de la LNH et les Penguins ne faisaient même pas les séries. On peut attendre quelques mois encore avant de porter un jugement définitif?
Eux autres vont quand même remplir leurs coffres avec le cash du monde.
>> Ça s'appelle le capitalisme. Et ça vous permet de rouler en Harley en Floride, ça ne doit pas être si mal.
2009-09-10
Lettre ouverte à Réjean Tremblay
Cher Réjean,
Ce matin, vous avez écrit un article incendiaire dans La Presse. Vous me permettez d'y répondre? Non? Pas grave, je le fais pareil.
Bien à vous,
Monsieur M.
---Un mépris évident envers les joueurs francophones---
(mes commentaires en italique dans le texte originale)
Les trois frères Molson et leurs associés sont maintenant les propriétaires du Canadien de Montréal, une ancienne grande équipe et un excellent contenu pour la télévision sportive.
On connaîtra les détails de la transaction ce matin lors d'une conférence de presse. Il se peut que George Gillett lui-même transmette le flambeau de son bras meurtri.
Le Canadien, sous la propriété de Gillett, est devenu une formidable pompe à fric. Mais l'équipe n'est guère meilleure qu'à son arrivée et surtout, elle est dramatiquement loin de sa grande base de partisans dans le Québec que les médias de Montréal se font un devoir d'ignorer.
Guère meilleure? C'est discutable. À l'arrivée de Gillett, les meilleurs marqueurs de l'équipe étaient Saku Koivu et Oleg Petrov avec 47 points pour l'ensemble de la saison 2000-2001. L'équipe avait fini avec un ronflant total de -182. Même avec la saison difficile de l'an passé, c'était nettement mieux que ça. Et cette équipe a quand même fini au premier rang il y a deux ans.
Il y a quatre ou cinq millions de francophones au Québec qui ne parlent pas couramment l'anglais et qui le comprennent mal. Évidemment, pour les intellos des médias électroniques à la solde du Canadien, ces cinq millions de Québécois font partie d'une race d'arriérés.
Quatre ou cinq millions? Lequel des deux? Si on arrondit la population à 7 millions, entre 4 et 5 il y a près de 15% d'écart, ce qui est une fraction non négligeable. Quelles sont vos sources pour affirmer cette valeur? Et considérant qu'une bonne partie de cette population a eu des cours d'anglais obligatoires au primaire et au secondaire, c'est troublant de penser que selon vos chiffres seuls deux québécois sur sept ont retenu de quoi.
Soixante millions de Français ne parlent pas l'anglais, 70 millions d'Allemands ne le parlent pas non plus. Sans parler des Espagnols ou des Italiens. Ou des Chinois ou des Japonais. Ils ne sont pas arriérés, ils parlent leur langue nationale. Comme des gens normaux le font. Si, en plus, on peut ajouter l'anglais, l'espagnol ou le mandarin à sa culture, c'est évidemment un atout. Mais dans les faits, une société normale parle sa langue nationale.
Encore là, d'où viennent vos chiffres sur les Français ou les Allemands? J'aimerais connaître vos sources, ne serait-ce que par curiosité intellectuelle; j'aime bien voir ce genre de données démographiques pour d'autres pays. Reste que je vois mal l'utilité de votre comparaison entre ces différents pays; la réalité de la Chine et la réalité du Québec ne sont pas les mêmes; toute comparaison me semble un peu douteuse. Ceci dit, je suis entièrement d'accord avec vous sur un point: une société normale parle sa langue nationale. Mais en quoi est-ce que regarder les joueurs impliqués dans une partie de hockey touche la langue nationale? Quel est le lien de cause à effet? Est-ce qu'un joueur va être moins bon sur la glace car il ne parle que le tchèque?
Pendant les 95 premières années de son histoire, le Canadien a respecté sa clientèle canadienne-française, comme on le disait à l'époque. Depuis quelques années, le mépris est évident. Les arriérés de Roberval, de Québec, de Rimouski ou de Rouyn-Noranda n'ont pas à comprendre leurs joueurs favoris, ils ont tout juste à acheter les gadgets qu'on leur vend le triple de leur valeur. Peter Boivin et Ray Lalonde l'ont décidé.
Encore là, la comparaison entre la réalité des années 20 et 30 et la réalité actuelle est assez difficile à faire. Les deux contextes historiques sont complètement différents. Tout le principe des médias de masse et du marketing sauvage qui vient avec n'était même pas un rêve fou il y a cinquante ans... Pour ce qui est de comprendre les joueurs favoris, malheureusement c'est de moins en moins un critère. La grande majorité des joueurs s'en tiennent maintenant à une ligne de parti bien gentille et bien droite. Qu'ils le disent en français, en anglais ou en bantou, ils vont tous dire la même chose alors le principe même de l'entrevue "à chaud" devient de plus en plus désuet. Ajoutons à ça la quantité remarquable de journalistes couvrant un match du Canadien et on peut être assurée que dans la demi-heure suivant une entrevue elle est traduite partout sur le web.
J'espère que les frères Molson savent lire et compter. Ils vont lire les noms de Lapierre, Latendresse et Laraque et ils vont compter jusqu'à trois. Ils sauront qu'eux, les fils d'une grande famille québécoise, sont les propriétaires d'une équipe ordinaire qui ne compte plus que deux grenouilles et demie, puisque le gros Georges ne jouera qu'une quarantaine de matchs.
Équipe ordinaire, ça reste à prouver. Vous conviendrez que l'alignement a été passablement modifié cet été. Personnellement, j'attendrais au moins de voir quelques parties avant de juger de la valeur de l'équipe sur la glace. La vraie question, celle qu'aucun journaliste sportif n'est capable de poser, c'est "Est-ce que cette équipe va en être une?". C'est ça qui compte le plus mais curieusement, seul Pierre Foglia semble être capable de la poser. L'histoire est pleine d'exemples d'équipes qui n'étaient pas les plus talentueuses mais qui ont gagné car elles formaient justement une Équipe avec un grand É.
J'ai passé l'été à parcourir le Québec des arriérés. Je suis allé en Abitibi, je suis allé au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dans l'Outaouais. À Québec. Je peux rassurer les frères Molson, les Québécois aiment toujours leurs Canadiens. Mais ils ont de la peine, certains sont en colère et surtout, ils ne comprennent pas. À quoi rime cette éradication des francophones de leur équipe? Pourquoi tenter de les faire disparaître? Pourquoi avoir tant négligé de labourer et de sarcler le terreau du Québec pour y dénicher les jeunes joueurs qui auraient pu constituer la relève?
Éradication? Le mot est fort. Un peu plus et on parle de génocide. Ça sera probablement dans un mois j'imagine. Des francophones qui ont quitté cet été, seul Tanguay s'est trouvé un emploi. Dandenault est seulement à l'essai, alors que Bouillon, Brisebois et Denis sont toujours en attente d'un appel. J'ose poser une question délicate: "coudonc, nos francophones ont eu de belles carrières mais peut-être qu'ils ne sont plus à la hauteur?". J'ai toujours adoré Francis Bouillon, il a le coeur gros comme le Centre Bell, mais son style de jeu l'a usé... Jouer de façon physique sans jamais avoir peur comme il le fait à sa grosseur, ça fait des ravages sur un corps. Donc, pour une raison ou pour une autre, ils ont quitté. Maintenant, qui étaient les francophones de talent disponibles cet été pour les remplacer? Quels francophones disponibles valaient Gomez, Gionta, Camalleri?
Pourquoi ce comportement abominable envers les entraîneurs francophones qu'on a littéralement bannis des postes à Hamilton et avec le Canadien? Comme par hasard, c'est depuis que l'équipe a été mise en vente que Bob Gainey a redécouvert quelques grenouilles pour son organisation. Maudit gros hasard!
Depuis l'arrivée de Gillett, à l'exception du bref intermède Bob Gainey, les entraîneurs du CH ont été Alain Vigneault, Michel Therrien, Claude Julien, Guy Carbonneau et Jacques Martin. Et l'entraîneur du club école est Guy Boucher. Je crois que tous ces gens seront amèrement déçus d'apprendre qu'ils ne sont pas des francophones.
Les frères Molson ne sont pas obligés de se tourner vers les Québécois pour des raisons politiques. Ni pour des raisons culturelles. Mais ils doivent savoir profiter de la situation unique de Montréal et du Québec en Amérique du Nord pour redonner une grande équipe aux fans. Seuls le Québec et Montréal permettent de bâtir une équipe en se servant du lien privilégié entre des fans et des joueurs faisant partie de la même nation. Ça n'existe nulle part ailleurs. Il n'existe pas une nation suédoise dans la région de Detroit ni une nation cubaine à Sunrise. Alors que la clientèle du Canadien est francophone, que l'histoire de l'équipe est fondée sur ce lien sacré et que le passé de l'organisation a fourni la preuve que le Canadien gagnait davantage quand les dirigeants de l'équipe savaient utiliser cette synergie puissante entre la majorité francophone et ses joueurs.
Cette situation n'est pas unique à Montréal. L'exemple le plus facile est Toronto; ne sous-estimez pas l'amour et la passion du R.O.C pour les Leafs. Il n'y a pas de nation suédoise à Détroit, mais il existe certainement une nation et une culture canadienne en Ontario. Des canadian boys qui vivent pour les Leafs, ça existe en grande quantité.
Certes, dans le passé, les dynasties francophones ont été payantes en termes de succès pour l'équipe. Mais ces dernières dynasties francophones datent des années 70, avant l'arrivée massive des européens. C'était aussi avant l'arrivée massive des médias qui épient les joueurs à la moindre occasion (on se souviendra du tristement célèbre flash dans la chambre d'hôpital de Saku Koivu ou des journalistes embusqués devant la maison de José Théodore) qui peuvent refroidir les ardeurs de joueurs à la personnalité plus discrète désirant vivre leur vie personnelle loin des yeux du public.
De toute façon, les contribuables de cette société viennent de prêter une centaine de millions aux trois frères. On pourrait au moins leur faire la politesse d'observer la vieille règle de Sam Pollock et de Serge Savard. À talent égal, on prend un francophone. Et en corollaire, on s'arrange pour ne pas échapper un seul bon franco au repêchage. Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas des erreurs de parcours mais au moins, il y aura une pensée derrière les décisions.
Serge Savard est quand même celui qui dans ses dernières années a repêché successivement en première ronde Lindsay Vallis, Turner Stevenson, Brent Bilodeau, David Wilkie, Saku Koivu, Brad Brown, Terry Ryan et Matt Higgins. Ça fait beaucoup de francophones. En fait entre le moment où les joueurs européens ont commencé à arriver en plus grand nombre et entre son congédiement, donc entre 1989 et 1996, les seuls joueurs québécois ayant eu une carrière de plus de 100 parties dans la LNH ont été Patrice Brisebois, Gilbert Dionne, Yves Sarault, Sébastien Bordeleau, José Théodore, Stéphane Robidas et Mathieu Garon. 7 joueurs en 97 choix, et on s'entend pour dire que Sarault et Bordeleau n'auront jamais été de grandes vedettes. Depuis l'arrivée de Trevor Timmins en 2002-03 (en excluant les repêchages de 2008 et 2009 puisqu'aucun de ces joueurs ne pourrait avoir joué 100 parties jusqu'à maintenant), deux joueurs québécois en 42 choix ont joué plus de 100 parties: Maxim Lapierre et Guillaume Latendresse. Je ne compte pas Mark Streit qui parle un excellent français mais qui n'est pas québécois. Le pourcentage est un peu plus faible, mais par contre plusieurs de ces choix sont encore d'âge junior et pourront percer l'alignement d'ici quelques années à Montréal ou ailleurs. Je pense par exemple à Mathieu Carle ou Olivier Fortier. Avec le temps, j'ai l'impression que le pourcentage de joueurs québécois ayant une carrière dépassant les quelques parties dans la LNH sera très similaire entre les deux administrations.
Et cette pensée viendra contrer les tentatives de Bob Gainey d'expatrier tous les joueurs francophones des Glorieux. Sans doute pour avoir moins de problèmes avec les médias.
Donc en enlevant les joueurs francophones on diminue la pression médiatique? Votre article est la preuve du contraire.
Dans quelques semaines, Robert Sirois, l'ancien joueur des Capitals de Washington, devenu un brillant homme d'affaires, va publier une bombe. Sirois a consacré des milliers d'heures à un travail de moine. Il a répertorié toutes les statistiques, à toutes les positions, de tous les joueurs francophones dans la Ligue nationale depuis 1970. Et les conclusions qu'on peut tirer de ces montagnes de chiffres glacent le dos.
La discrimination est absolue envers les grenouilles. Le pire, c'est que cette discrimination commence dès le midget AAA. Et que depuis quelques années, le Canadien a bêtement tourné le dos aux Québécois.
N'ayant pas vu les chiffres, je ne peux commenter. Mais comme pour vous 4 ou 5 millions c'est la même chose, je prends vos affirmations avec une certaine réserve.
Allez vérifier. Combien de joueurs francophones Bob Gainey a-t-il repêchés pendant toutes ses années à Dallas? Un autre hasard, évidemment.
Après un survol rapide, j'en voix deux. Notons que depuis son départ en 2002, les Stars n'en ont repêché aucun. Mais de toute façon, selon votre argumentation, ce n'est qu'à Montréal où il y a un lien culturel privilégié qui exige le repêchage de joueurs francophones qui vont avoir une appartenance spéciale à leur équipe, alors qu'est-ce que Dallas a à voir là-dedans?
Et puis-je vous rappeler que Robert «Bob» Sirois n'est ni un politicien ni un méchant séparatiste. Il est juste un homme intelligent qui s'est passionné pour une situation qui lui semblait anormale.
Un peu comme moi. Je ne suis pas un politicien (mais je suis un peu méchant) mais je pense être intelligent et je trouve une situation anormale: vos articles emplis d'une mauvaise foi remarquable alors j'agis en écrivant ce long texte.
Que les trois frères Molson n'achètent pas le livre de Sirois, qu'ils gardent leurs dollars pour embaucher un dépisteur à temps plein pour le Québec, je vais me charger personnellement de le leur faire parvenir.
Je peux en avoir un aussi? En tant que colon-intello-indigène-qui-achète-de-la-guenille-du-CH (en fait, mon budget hockey annuel est en bas de 40$, soit le prix d'un billet dans les bleus), je dois bien mériter ça pour voir la Lumière. Laissez-moi un commentaire sur le blog, je peux même aller le cherche à La Presse si ça vous arrange.
Le changement à venir au sein de l'organisation commence par la prise de conscience. Et quand ce sont les propriétaires qui sont conscients, tout le reste suit.
DANS LE CALEPIN - Ne venez pas me dire que le Canadien peut bien aligner 20 Chinois «pourvu qu'on gââââgne». Le hic, c'est que justement, les 18 Chinois en place ne gagnent pas. Les vrais héros de cette organisation sont Boivin et Lalonde, ceux qui vendent la guenille aux passionnés.
Avant de prétendre que les chinois en place ne gagnent pas, il faudrait attendre que la saison commence, non? L'équipe est complètement différente de l'an passé... c'est d'ailleurs là la source de votre article, elle a tellement changé qu'il n'y a plus assez de francophones à votre goût!
Ce matin, vous avez écrit un article incendiaire dans La Presse. Vous me permettez d'y répondre? Non? Pas grave, je le fais pareil.
Bien à vous,
Monsieur M.
---Un mépris évident envers les joueurs francophones---
(mes commentaires en italique dans le texte originale)
Les trois frères Molson et leurs associés sont maintenant les propriétaires du Canadien de Montréal, une ancienne grande équipe et un excellent contenu pour la télévision sportive.
On connaîtra les détails de la transaction ce matin lors d'une conférence de presse. Il se peut que George Gillett lui-même transmette le flambeau de son bras meurtri.
Le Canadien, sous la propriété de Gillett, est devenu une formidable pompe à fric. Mais l'équipe n'est guère meilleure qu'à son arrivée et surtout, elle est dramatiquement loin de sa grande base de partisans dans le Québec que les médias de Montréal se font un devoir d'ignorer.
Guère meilleure? C'est discutable. À l'arrivée de Gillett, les meilleurs marqueurs de l'équipe étaient Saku Koivu et Oleg Petrov avec 47 points pour l'ensemble de la saison 2000-2001. L'équipe avait fini avec un ronflant total de -182. Même avec la saison difficile de l'an passé, c'était nettement mieux que ça. Et cette équipe a quand même fini au premier rang il y a deux ans.
Il y a quatre ou cinq millions de francophones au Québec qui ne parlent pas couramment l'anglais et qui le comprennent mal. Évidemment, pour les intellos des médias électroniques à la solde du Canadien, ces cinq millions de Québécois font partie d'une race d'arriérés.
Quatre ou cinq millions? Lequel des deux? Si on arrondit la population à 7 millions, entre 4 et 5 il y a près de 15% d'écart, ce qui est une fraction non négligeable. Quelles sont vos sources pour affirmer cette valeur? Et considérant qu'une bonne partie de cette population a eu des cours d'anglais obligatoires au primaire et au secondaire, c'est troublant de penser que selon vos chiffres seuls deux québécois sur sept ont retenu de quoi.
Soixante millions de Français ne parlent pas l'anglais, 70 millions d'Allemands ne le parlent pas non plus. Sans parler des Espagnols ou des Italiens. Ou des Chinois ou des Japonais. Ils ne sont pas arriérés, ils parlent leur langue nationale. Comme des gens normaux le font. Si, en plus, on peut ajouter l'anglais, l'espagnol ou le mandarin à sa culture, c'est évidemment un atout. Mais dans les faits, une société normale parle sa langue nationale.
Encore là, d'où viennent vos chiffres sur les Français ou les Allemands? J'aimerais connaître vos sources, ne serait-ce que par curiosité intellectuelle; j'aime bien voir ce genre de données démographiques pour d'autres pays. Reste que je vois mal l'utilité de votre comparaison entre ces différents pays; la réalité de la Chine et la réalité du Québec ne sont pas les mêmes; toute comparaison me semble un peu douteuse. Ceci dit, je suis entièrement d'accord avec vous sur un point: une société normale parle sa langue nationale. Mais en quoi est-ce que regarder les joueurs impliqués dans une partie de hockey touche la langue nationale? Quel est le lien de cause à effet? Est-ce qu'un joueur va être moins bon sur la glace car il ne parle que le tchèque?
Pendant les 95 premières années de son histoire, le Canadien a respecté sa clientèle canadienne-française, comme on le disait à l'époque. Depuis quelques années, le mépris est évident. Les arriérés de Roberval, de Québec, de Rimouski ou de Rouyn-Noranda n'ont pas à comprendre leurs joueurs favoris, ils ont tout juste à acheter les gadgets qu'on leur vend le triple de leur valeur. Peter Boivin et Ray Lalonde l'ont décidé.
Encore là, la comparaison entre la réalité des années 20 et 30 et la réalité actuelle est assez difficile à faire. Les deux contextes historiques sont complètement différents. Tout le principe des médias de masse et du marketing sauvage qui vient avec n'était même pas un rêve fou il y a cinquante ans... Pour ce qui est de comprendre les joueurs favoris, malheureusement c'est de moins en moins un critère. La grande majorité des joueurs s'en tiennent maintenant à une ligne de parti bien gentille et bien droite. Qu'ils le disent en français, en anglais ou en bantou, ils vont tous dire la même chose alors le principe même de l'entrevue "à chaud" devient de plus en plus désuet. Ajoutons à ça la quantité remarquable de journalistes couvrant un match du Canadien et on peut être assurée que dans la demi-heure suivant une entrevue elle est traduite partout sur le web.
J'espère que les frères Molson savent lire et compter. Ils vont lire les noms de Lapierre, Latendresse et Laraque et ils vont compter jusqu'à trois. Ils sauront qu'eux, les fils d'une grande famille québécoise, sont les propriétaires d'une équipe ordinaire qui ne compte plus que deux grenouilles et demie, puisque le gros Georges ne jouera qu'une quarantaine de matchs.
Équipe ordinaire, ça reste à prouver. Vous conviendrez que l'alignement a été passablement modifié cet été. Personnellement, j'attendrais au moins de voir quelques parties avant de juger de la valeur de l'équipe sur la glace. La vraie question, celle qu'aucun journaliste sportif n'est capable de poser, c'est "Est-ce que cette équipe va en être une?". C'est ça qui compte le plus mais curieusement, seul Pierre Foglia semble être capable de la poser. L'histoire est pleine d'exemples d'équipes qui n'étaient pas les plus talentueuses mais qui ont gagné car elles formaient justement une Équipe avec un grand É.
J'ai passé l'été à parcourir le Québec des arriérés. Je suis allé en Abitibi, je suis allé au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dans l'Outaouais. À Québec. Je peux rassurer les frères Molson, les Québécois aiment toujours leurs Canadiens. Mais ils ont de la peine, certains sont en colère et surtout, ils ne comprennent pas. À quoi rime cette éradication des francophones de leur équipe? Pourquoi tenter de les faire disparaître? Pourquoi avoir tant négligé de labourer et de sarcler le terreau du Québec pour y dénicher les jeunes joueurs qui auraient pu constituer la relève?
Éradication? Le mot est fort. Un peu plus et on parle de génocide. Ça sera probablement dans un mois j'imagine. Des francophones qui ont quitté cet été, seul Tanguay s'est trouvé un emploi. Dandenault est seulement à l'essai, alors que Bouillon, Brisebois et Denis sont toujours en attente d'un appel. J'ose poser une question délicate: "coudonc, nos francophones ont eu de belles carrières mais peut-être qu'ils ne sont plus à la hauteur?". J'ai toujours adoré Francis Bouillon, il a le coeur gros comme le Centre Bell, mais son style de jeu l'a usé... Jouer de façon physique sans jamais avoir peur comme il le fait à sa grosseur, ça fait des ravages sur un corps. Donc, pour une raison ou pour une autre, ils ont quitté. Maintenant, qui étaient les francophones de talent disponibles cet été pour les remplacer? Quels francophones disponibles valaient Gomez, Gionta, Camalleri?
Pourquoi ce comportement abominable envers les entraîneurs francophones qu'on a littéralement bannis des postes à Hamilton et avec le Canadien? Comme par hasard, c'est depuis que l'équipe a été mise en vente que Bob Gainey a redécouvert quelques grenouilles pour son organisation. Maudit gros hasard!
Depuis l'arrivée de Gillett, à l'exception du bref intermède Bob Gainey, les entraîneurs du CH ont été Alain Vigneault, Michel Therrien, Claude Julien, Guy Carbonneau et Jacques Martin. Et l'entraîneur du club école est Guy Boucher. Je crois que tous ces gens seront amèrement déçus d'apprendre qu'ils ne sont pas des francophones.
Les frères Molson ne sont pas obligés de se tourner vers les Québécois pour des raisons politiques. Ni pour des raisons culturelles. Mais ils doivent savoir profiter de la situation unique de Montréal et du Québec en Amérique du Nord pour redonner une grande équipe aux fans. Seuls le Québec et Montréal permettent de bâtir une équipe en se servant du lien privilégié entre des fans et des joueurs faisant partie de la même nation. Ça n'existe nulle part ailleurs. Il n'existe pas une nation suédoise dans la région de Detroit ni une nation cubaine à Sunrise. Alors que la clientèle du Canadien est francophone, que l'histoire de l'équipe est fondée sur ce lien sacré et que le passé de l'organisation a fourni la preuve que le Canadien gagnait davantage quand les dirigeants de l'équipe savaient utiliser cette synergie puissante entre la majorité francophone et ses joueurs.
Cette situation n'est pas unique à Montréal. L'exemple le plus facile est Toronto; ne sous-estimez pas l'amour et la passion du R.O.C pour les Leafs. Il n'y a pas de nation suédoise à Détroit, mais il existe certainement une nation et une culture canadienne en Ontario. Des canadian boys qui vivent pour les Leafs, ça existe en grande quantité.
Certes, dans le passé, les dynasties francophones ont été payantes en termes de succès pour l'équipe. Mais ces dernières dynasties francophones datent des années 70, avant l'arrivée massive des européens. C'était aussi avant l'arrivée massive des médias qui épient les joueurs à la moindre occasion (on se souviendra du tristement célèbre flash dans la chambre d'hôpital de Saku Koivu ou des journalistes embusqués devant la maison de José Théodore) qui peuvent refroidir les ardeurs de joueurs à la personnalité plus discrète désirant vivre leur vie personnelle loin des yeux du public.
De toute façon, les contribuables de cette société viennent de prêter une centaine de millions aux trois frères. On pourrait au moins leur faire la politesse d'observer la vieille règle de Sam Pollock et de Serge Savard. À talent égal, on prend un francophone. Et en corollaire, on s'arrange pour ne pas échapper un seul bon franco au repêchage. Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas des erreurs de parcours mais au moins, il y aura une pensée derrière les décisions.
Serge Savard est quand même celui qui dans ses dernières années a repêché successivement en première ronde Lindsay Vallis, Turner Stevenson, Brent Bilodeau, David Wilkie, Saku Koivu, Brad Brown, Terry Ryan et Matt Higgins. Ça fait beaucoup de francophones. En fait entre le moment où les joueurs européens ont commencé à arriver en plus grand nombre et entre son congédiement, donc entre 1989 et 1996, les seuls joueurs québécois ayant eu une carrière de plus de 100 parties dans la LNH ont été Patrice Brisebois, Gilbert Dionne, Yves Sarault, Sébastien Bordeleau, José Théodore, Stéphane Robidas et Mathieu Garon. 7 joueurs en 97 choix, et on s'entend pour dire que Sarault et Bordeleau n'auront jamais été de grandes vedettes. Depuis l'arrivée de Trevor Timmins en 2002-03 (en excluant les repêchages de 2008 et 2009 puisqu'aucun de ces joueurs ne pourrait avoir joué 100 parties jusqu'à maintenant), deux joueurs québécois en 42 choix ont joué plus de 100 parties: Maxim Lapierre et Guillaume Latendresse. Je ne compte pas Mark Streit qui parle un excellent français mais qui n'est pas québécois. Le pourcentage est un peu plus faible, mais par contre plusieurs de ces choix sont encore d'âge junior et pourront percer l'alignement d'ici quelques années à Montréal ou ailleurs. Je pense par exemple à Mathieu Carle ou Olivier Fortier. Avec le temps, j'ai l'impression que le pourcentage de joueurs québécois ayant une carrière dépassant les quelques parties dans la LNH sera très similaire entre les deux administrations.
Et cette pensée viendra contrer les tentatives de Bob Gainey d'expatrier tous les joueurs francophones des Glorieux. Sans doute pour avoir moins de problèmes avec les médias.
Donc en enlevant les joueurs francophones on diminue la pression médiatique? Votre article est la preuve du contraire.
Dans quelques semaines, Robert Sirois, l'ancien joueur des Capitals de Washington, devenu un brillant homme d'affaires, va publier une bombe. Sirois a consacré des milliers d'heures à un travail de moine. Il a répertorié toutes les statistiques, à toutes les positions, de tous les joueurs francophones dans la Ligue nationale depuis 1970. Et les conclusions qu'on peut tirer de ces montagnes de chiffres glacent le dos.
La discrimination est absolue envers les grenouilles. Le pire, c'est que cette discrimination commence dès le midget AAA. Et que depuis quelques années, le Canadien a bêtement tourné le dos aux Québécois.
N'ayant pas vu les chiffres, je ne peux commenter. Mais comme pour vous 4 ou 5 millions c'est la même chose, je prends vos affirmations avec une certaine réserve.
Allez vérifier. Combien de joueurs francophones Bob Gainey a-t-il repêchés pendant toutes ses années à Dallas? Un autre hasard, évidemment.
Après un survol rapide, j'en voix deux. Notons que depuis son départ en 2002, les Stars n'en ont repêché aucun. Mais de toute façon, selon votre argumentation, ce n'est qu'à Montréal où il y a un lien culturel privilégié qui exige le repêchage de joueurs francophones qui vont avoir une appartenance spéciale à leur équipe, alors qu'est-ce que Dallas a à voir là-dedans?
Et puis-je vous rappeler que Robert «Bob» Sirois n'est ni un politicien ni un méchant séparatiste. Il est juste un homme intelligent qui s'est passionné pour une situation qui lui semblait anormale.
Un peu comme moi. Je ne suis pas un politicien (mais je suis un peu méchant) mais je pense être intelligent et je trouve une situation anormale: vos articles emplis d'une mauvaise foi remarquable alors j'agis en écrivant ce long texte.
Que les trois frères Molson n'achètent pas le livre de Sirois, qu'ils gardent leurs dollars pour embaucher un dépisteur à temps plein pour le Québec, je vais me charger personnellement de le leur faire parvenir.
Je peux en avoir un aussi? En tant que colon-intello-indigène-qui-achète-de-la-guenille-du-CH (en fait, mon budget hockey annuel est en bas de 40$, soit le prix d'un billet dans les bleus), je dois bien mériter ça pour voir la Lumière. Laissez-moi un commentaire sur le blog, je peux même aller le cherche à La Presse si ça vous arrange.
Le changement à venir au sein de l'organisation commence par la prise de conscience. Et quand ce sont les propriétaires qui sont conscients, tout le reste suit.
DANS LE CALEPIN - Ne venez pas me dire que le Canadien peut bien aligner 20 Chinois «pourvu qu'on gââââgne». Le hic, c'est que justement, les 18 Chinois en place ne gagnent pas. Les vrais héros de cette organisation sont Boivin et Lalonde, ceux qui vendent la guenille aux passionnés.
Avant de prétendre que les chinois en place ne gagnent pas, il faudrait attendre que la saison commence, non? L'équipe est complètement différente de l'an passé... c'est d'ailleurs là la source de votre article, elle a tellement changé qu'il n'y a plus assez de francophones à votre goût!
2009-04-19
Un autre exemple brillant de journalisme signé Réjean Tremblay
Dans la chronique commise aujourd'hui (il parle évidemment des SES rencontres avec Gillett, Savard, etc et à la fin il parle du Marathon de Boston - à noter que dpeuis 2-3 jours dans ses chroniques Boston est la plus belle ville du monde et Montréal est hideuse, laide, etc), ça se termine par:
(ce qui, dans le contexte, assume que ça marche tout croche ou que c'est annulé)
Eh bien mon cher Réjean, le Marathon de Montréal se porte très bien. Si tu avais pris la peine de faire une recherche Google, le tout premier résultat te conduit directement au site du Marathon, ce qui te dit aussi que c'est le 13 septembre, que c'est la 19ème édition et que la course se porte ma foi très bien.
Mais bon, si une recherche Google élémentaire c'est trop compliqué comme recherche, j'avoue que je me pose de sérieuses questions sur la qualité habituelle du reste de sa recherche. Incroyable mais vrai, il est encore moins crédible que je pensais.
Au fait, il arrive quoi avec le marathon de Montréal? Comme le reste?
(ce qui, dans le contexte, assume que ça marche tout croche ou que c'est annulé)
Eh bien mon cher Réjean, le Marathon de Montréal se porte très bien. Si tu avais pris la peine de faire une recherche Google, le tout premier résultat te conduit directement au site du Marathon, ce qui te dit aussi que c'est le 13 septembre, que c'est la 19ème édition et que la course se porte ma foi très bien.
Mais bon, si une recherche Google élémentaire c'est trop compliqué comme recherche, j'avoue que je me pose de sérieuses questions sur la qualité habituelle du reste de sa recherche. Incroyable mais vrai, il est encore moins crédible que je pensais.
2008-03-11
Parlons de Réjean Tremblay
Pour une (rare) fois, un article écrit où il n'est pas auto-indulgent, où il ne tente pas d'attaque cheap-shot envers Bob Gainey, bref, je le reconnais, un bon article sur Peter Stastny.
En gros, ça parle de Stastny qui part en croisade contre les dirigeants du hockey slovaque qu'il accuse de corruption, etc, etc.
Alors cet article m'inspire une autre grande prédiction.
En 2010, ce sera les Jeux Olympiques de Vancouver. Avec évidemment beaucoup de focus sur le hockey international.
Je prédis donc que cette année là, la série Lance et Compte (version 47) va sortir Sergei Koulikov (ou un autre russe de la belle époque) des boules à mites. Celui-ci sera en guerre contre les dirigeants du programme de hockey de son pays et la chicane va pogner dans le tournoi olympique.
On s'en reparle en 2010.
En gros, ça parle de Stastny qui part en croisade contre les dirigeants du hockey slovaque qu'il accuse de corruption, etc, etc.
Alors cet article m'inspire une autre grande prédiction.
En 2010, ce sera les Jeux Olympiques de Vancouver. Avec évidemment beaucoup de focus sur le hockey international.
Je prédis donc que cette année là, la série Lance et Compte (version 47) va sortir Sergei Koulikov (ou un autre russe de la belle époque) des boules à mites. Celui-ci sera en guerre contre les dirigeants du programme de hockey de son pays et la chicane va pogner dans le tournoi olympique.
On s'en reparle en 2010.
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